Biarritz, ville du Pays basque

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Biarritz, ville du Pays basque

Fondée sur un site remarquable de par son emplacement – il s’agit de la première côte rocheuse depuis l’estuaire de la Gironde et les plages des landes, offrant en outre une magnifique baie et de petites criques, abris naturels face à la mer -, Biarritz est aujourd’hui une ville très touristique du pays basque qui a beaucoup à offrir, tant en termes de découvertes naturelles et culturelles que culinaires. Non loin de la frontière espagnole, dans les Pyrénées-Atlantiques, la ville est un fleuron du tourisme français.

L’histoire de la ville

 

Un port de pêche à la baleine

Au Moyen-Âge, la ville n’est qu’un petit port de pêche, qui doit sa réputation à l’habileté de ses pêcheurs pour harponner les baleines. L’huile de ces mammifères était alors très recherchée pour servir à l’éclairage des habitations, tandis que leurs os et côtes étaient utilisés pour la fabrication des clôtures et leur peau pour la confection de casques et de sièges. Sa chair est quant à elle dégustée avec délices ; notamment sa langue constitue un plats de choix pour les hôtes de marque. L’endroit est d’ailleurs idéal pour cette pêche : une anse à l’abri de la houle du large, une plage en pente douce où échouer les animaux à marée haute et où les dépecer une fois la marée basse arrivée. Ce commerce de la baleine perdure jusqu’au XVIIe siècle, époque où les cétacés prennent le large ; les pêcheurs doivent alors aller jusqu’à Terre Neuve pour les chasser.

Une station balnéaire

Les bains de mer sont anciens dans la ville. Dès 1609, le Conseiller de Lancre fait état de cette pratique, qu’il juge d’ailleurs fort malséante, avec des filles et des hommes en mandille et nus en dessus, qui s’ébattent ensemble dans l’onde. Mais les villageois se moquent de ces critiques, et ce plaisir perdure, même s’ils se voit refuser en 1774 la construction de guérites pour s’y changer. Néanmoins, la mode des bains prend tellement d’ampleur que vers 1830, le port du caleçon pour se baigner devient obligatoire. En 1844 est créée la nouvelle société de sauvetage, qui surveille les trois plages de la ville (la grande plage, la plage du Port Vieux et la plage des Basques).
Ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que les bains sont reconnus comme une thérapie efficace, soignant toutes sortes de maux comme les infections et les rhumatismes. Victor Hugo vient même en 1843 dans ce charmant « village blanc à toits roux et à contrevents verts posé sur des croupes de gazon », redoutant que l’endroit ne devienne trop vite à la mode. Un Victor Hugo fort clairvoyant au demeurant. En 1854, la comtesse de Montijo s’y installe en effet après son mariage avec Napoléon III, pour y séjourner deux mois, élisant domicile au château de Gramont, propriété du maire de Bayonne. Rapidement, l’empereur y fait construire la Villa Eugénie, une résidence d’été pour son épouse ; le couple s’y rend régulièrement profiter de la mer et du climat, jusqu’en 1868. De nombreuses têtes couronnées les imitent, qu’ils soient de Würtenberg, de Belgique, du Portugal, de Russie, de la Roumanie ou encore de la Pologne, sans oublier les Lords anglais, qui trouvent le lieu « so pittoresque » et vantent les mérites de cet endroit au climat exceptionnellement doux une fois rentrés chez eux. 10 000 estivants s’y retrouvent ainsi à la belle saison. La ville s’agrandit, de nouveaux hôtels sont érigés, les rues sont aménagées et éclairées au gaz. En 1857 est inauguré le Casino Bellevue. En 1876, une ligne de tramway est ouverte pour faciliter l’accès à la ville, venant de Bayonne et passant par Anglet. En 1910, la ville compte 18 000 habitants et devient l’une des premières stations balnéaires de France, les activités étant principalement le casino, le tennis, le golf et les courses hippiques. Les constructions privées se multiplient, rivalisant d’audace et de superbe. Le but est d’avoir la plus originale, ce qui donne à la ville son aspect unique et si étonnant.

Une ville de mondanités à la renommée internationale

Après la première guerre mondiale, le tourisme change mais est tout aussi important, c’est l’époque des années folles, et les stations balnéaires sont très courues. Célébrités et stars y affluent, comme Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Sara Bernardt, Sacha Guitry, Picasso, Kipling,ou encore Churchill. En 1930, la population est de 23 000 habitants. Mais la crise économique et les bombardements de la Seconde guerre mondiale endommagent fortement la ville ; le nombre de touristes recule, de nombreux hôtels de luxe ferment leurs portes. Puis, la ville va peu à peu retrouver son faste. Le casino de la grande plage est reconstruit ; les fêtes somptueuses du marquis de Cuevas lui redonnent son entrain ; y viennent des stars de cinéma, telles Rita Hayworth qui fait une escale avec l’Aga Khan, ou bien Frank Sinatra, Gary Cooper et Bing Crosby, mais aussi des Grands comme Farouk d’Egypte, Michel de Roumanie, Pierre de Yougoslavie.
Aujourd’hui, l’ambiance est toujours un peu particulière et surtout très féerique, dans une ville exceptionnelle, à l’architecture variée et surprenante.

Les monuments de la ville

Lors d’un séjour dans la ville, certains monuments méritent une visite. L’église Saint-Eugénie, qui domine le vieux port, est une magnifique église, de style romano-byzantine. Le phare des Baleines, achevé en 1832, et construit sur le Cap Saint-Martin, marque la fin des plages des Landes et le début de la côte basque beaucoup plus rocheuse. Haut de 73 mètres au-dessus du niveau de la mer, il offre une vue impressionnante sur les alentours, jusqu’au Pyrénées au loin ; 248 marches sont à gravir pour y parvenir. Le rocher de la Vierge date de 1865 : Napélon III avait décidé de construire un port dans la ville, et pour cela dû bâtir une jetée de protection à partir d’un des rochers les plus imposants de l’endroit, et un tunnel fut percé pour faciliter la construction de cette digue ; aujourd’hui, une passerelle métallique mène au rocher, œuvre de Gustave Eiffel de 1887. La Chapelle Impériale a été érigée en en 1864 pour l’impératrice, qui résidait alors à quelques pas de là dans ce qui est aujourd’hui l’hôtel du Palais. Enfin, l’Église Orthodoxe Russe a été construite en 1892 pour l’importante communauté russe de la ville.
Plusieurs musées émaillent également la ville. Le musée de la mer a été fondé en 1871, et permet de découvrir le monde océanique, avec de nombreux aquariums reconstituant l’environnement marin des espèces présentées, notamment des poissons des zones tempérées et tropicales mais aussi des tortues, des requins et des phoques, dont il ne faut pas manquer le repas. Il est situé en face de la côte et du rocher de la Vierge. Le Musée d’Art Oriental Asiatica abrite une collection de plus de 1000 œuvres de l’art oriental ; les grands espaces aménagés du musée permettent de prendre le temps de s’informer via de nombreux documents didactiques et explicatifs. La Crypte Sainte Eugénie, sous l’église du même nom, est un musée qui propose des expositions temporaires consacrées à de grands artistes, dans une ambiance intimiste. Le Musée et Plaisir du Chocolat propose de découvrir l’histoire et les secrets de cet aliment ; des sculptures en chocolat sont également exposées ;

La nature et les activités de loisir

La grande plage est le centre névralgique de la ville, qui est notamment bordée par l’Hôtel du Palais (Villa Eugénie) et le casino de style Art Déco. Le port permet de découvrir de mignonnes crampottes (petites maisons de pêcheurs aux portes et aux volets colorés) et d’admirer le travail des pêcheurs entretenant leurs bateaux ; de là, un chemin montant le long de la côte permet d’atteindre le plateau de l’Atalaye, qui offre une magnifique vue. La plage de la Côte des Basques est la plage emblématique des surfeurs. La ville est en effet la capitale même du surf. Quant à la plage Vieux-Port, elle est la plus intime et permet de se baigner par tous les temps. Concernant la randonnée, des kilomètres de sentiers sont aménagés le long de la côte.

A la table d’un restaurant de Biarritz

S’arrêter dans un restaurant pour déguster les traditions culinaires de cette ville du Pays Basque est incontournable. La gastronomie locale est riche en produits : charcuterie, fromage de brebis et confiture de cerise noire, fruits de mer, piment d’Espelette, jambon de Bayonne, tapas, chocolat, gâteau basque, etc.
La gastronomie basque est une cuisine généreuse et de qualité, dont les ingrédients incontournables sont : le piment d’Espelette, dont il existe une douzaine de variétés et qui se consomme différemment selon qu’il est vert, jeune et peu piquant (en omelette par exemple) ou mûr, rouge et piquant (séché et réduit en poudre, pour apporter de la tonicité à un plat) ; le piment doux d’Anglet, de couleur verte ; le jambon de Bayonne, frotté avec du gros sel et mis à reposer pendant vingt jours à un mois au saloir puis laissé sécher six mois à un an ; les chipirons, grillés ou à la basquaise ou encore dans une sauce à base de leur encre ; la dorade, dans une recette dite à l’espagnole où elle est grillée, coupée en deux, arrosée de vinaigre et d’huile d’olive dans laquelle ont été cuits piments et gousses d’ail écrasées ; le merlu, généralement cuit à la poêle, ou « Koskera », à base de légumes (petits pois, asperges, etc.) ; la morue, à la Vizcaina avec des tomates et des oignons, ou encore « à la Bayonnaise », dessalée et accommodée de beurre et d’ail persillé ; les sardines et anchois, tout simplement grillés ; le saumon, en escalopes ou en darnes, grillé ou meunière ; les pibales, préparées à base de piment fort et de gousses d’ail grillée puis servies bouillantes dans des poêlons de terre, qui ne se dégustent qu’au printemps ; le thon, qui a d’ailleurs sa fête annuelle, début juillet à St-Jean-de-Luz, frais et grillé ou à la basquaise ; la truite, grillée avec un jus de citron, avec un hachis d’ail et de persil ou encore farcie de dés de jambon ; la palombe, entourée d’une lamelle de lard et rôtie ou en salmis.
Les plats typiques d’un restaurant de la ville seront ainsi : le poulet basquaise, les morceaux de volailles étant sautés et servis avec une sauce à base de tomates, d’oignons, de piments, le tout mijoté avec un verre de vin blanc ; la piperade, terme qui vient du basque « biperra» (piment), celui-ci étant frit et mélangé aux tomates cuites et à l’oignon, traditionnellement servie avec une tranche de jambon de Bayonne sautée ; le pimiento del piquillo, un petit poivron doux  qui pousse dans le pays basque espagnol et généralement farci à la morue ; l’axoa, un émincé de veau, mijoté aux  piments d’Espelette et aux oignons ; le ttoro, parfois appelée soupe de poissons ; la tripotcha, boudin de mouton spécialité de Sare ou tripe de veau servi avec une sauce tomate relevée au piment ; le confit de canard.
En dessert, on dégustera du fromage de brebis et Gastambère, un gâteau basque en pâte sablée moelleuse et garni de cerises noires, un béret basque qui est une pâtisserie à base de génoise et de chocolat, des macarons, du touron qui est une sorte de nougat parfumé à la pâte d’amande mais pouvant être accommodé de divers parfums, ou tout simplement du chocolat, dont celui de Bayonne, parfumé à la cannelle, longtemps consommé liquide, qui conserve ses spécialistes notamment la ville barriote.